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Voltaire - Samson

Parlez, c'est l'amour qui vous prie.

SAMSON.
Ah ! cessez d'écouter cette funeste envie.

DALILA.
Cessez de m'accabler de refus outrageants.

SAMSON.
Eh bien ! vous le voulez ; l'amour me justifie :
Mes cheveux, à mon Dieu consacrés dès longtemps,

De ses bontés pour moi sont les sacrés garants :

Il voulut attacher ma force et mon courage

A de si faibles ornements :

Ils sont à lui ; ma gloire est son ouvrage.

DALILA.
Ces cheveux, dites-vous ?

SAMSON.
Qu'ai-je dit ? Malheureux !
Ma raison revient ; je frissonne

De l'abîme où j'entraîne avec moi les Hébreux.

TOUS DEUX ensemble.
La terre mugit, le ciel tonne,
Le temple disparaît, l'astre du jour s'enfuit,

L'horreur épaisse de la nuit

De son voile affreux m'environne.

SAMSON.
J'ai trahi de mon Dieu le secret formidable.
Amour ! fatale volupté !

C'est toi qui m'a précipité

Dans un piège effroyable ;

Et je sens que Dieu m'a quitté.

Scène V.

LES PHILISTINS, SAMSON, DALILA.

LE GRAND-PRETRE DES PHILISTINS.
Venez ; ce bruit affreux, ces cris de la nature
Ce tonnerre, tout nous assure

Que du dieu des combats il est abandonné.

DALILA.
Que faites-vous, peuple parjure ?

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