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Voltaire - Samson

LA VOLUPTE.
Sur les bords fortunés embellis par la Seine
Je règne dès longtemps.

Je préside aux concerts charmants

Que donne Melpomène.

Amours, Plaisirs, Jeux séducteurs,

Que le loisir fit naître au sein de la mollesse,

Répandez vos douces erreurs ;

Versez dans tous les coeurs

Votre charmante ivresse ;

Régnez, répandez mes faveurs.

CHOEUR à parodier.
Répandons, etc.

LA VOLUPTE.
Venez, mortels, accourez à mes yeux :
Regardez, imitez les enfants de la gloire :

Ils m'ont tous cédé la victoire.

Mars les rendit cruels, et je les rends heureux.

(Entrée de héros armés et tenant dans leurs mains des guirlandes de fleurs.)

BACCHUS, à Hercule.
Nous sommes les enfants du maître du tonnerre :
Notre nom jadis redouté

Ne périra point sur la terre ;

Mais parlons avec la liberté :

Parmi tant de lauriers qui ceignent votre tête,

Dites-moi quelle est la conquête

Dont le grand coeur d'Alcide était le plus flatté.

HERCULE.
Ah ! Ne me parlez plus de mes travaux pénibles,
Ni des cieux que j'ai soutenus :

En ces lieux je en connais plus

Que la charmante Iole et les Plaisirs paisibles.

Mais vous, Bacchus, dont la valeur

Fit du sang des humains rougir la terre et l'onde,

Quel plaisir, quel barbare honneur

Trouvez-vous à troubler le monde ?

BACCHUS.
Ariane m'ôte à jamais
Le souvenir de mes brillants forfaits ;

Et par mes présents secourables

Je ravis la raison aux mortels misérables,

Pour leur faire oublier tous les maux que j'ai faits.

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