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Voltaire - Samson

CHOEUR DES FILLES.
Demeurez, présidez à nos fêtes ;
Que nos coeurs soient vos tendres conquêtes.

DEUX HEBREUX.
Venez, venez, ne tardez pas :
Nos cruels ennemis sont prêts à nous surprendre ;

Rien ne peut nous défendre

Que votre invincible bras.

CHOEUR DES FILLES.
Demeurez, présidez à nos fêtes.
Que nos coeur soient vos tendres conquêtes.

SAMSON.
Je m'arrache à ces lieux... Allons, je suis vos pas.
Prêtresse de Vénus, vous, sa brillante image,

Je ne quitte point vos appas

Pour le trône des rois, pour ce grand esclavage ;

Je les quitte pour les combats.

DALILA.
Me faudra-t-il longtemps gémir de votre absence ?

SAMSON.
Fiez-vous à vos yeux de mon impatience.
Est-il un plus grand bien que celui de vous voir ?

Les Hébreux n'ont que moi pour unique espérance,

Et vous êtes mon seul espoir.

Scène V.

DALILA.
Il s'éloigne, il me fuit, il emporte mon âme ;
Partout il est vainqueur :

Le feu que j'allumais m'enflamme ;

J'ai voulu l'enchaîner, il enchaîne mon coeur.

O mère des Plaisirs, le coeur de ta prêtresse

Doit être plein de toi, doit toujours s'enflammer !

O Vénus ! ma seule déesse,

La tendresse est ma loi, mon devoir est d'aimer.

Echo, voix errante,

Légère habitante

De ce beau séjour,

Echo, monument de l'amour,

Parle de ma faiblesse au héros qui m'enchante.

Favoris du printemps, de l'amour et des airs,

Oiseaux dont j'entends les concerts,

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