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Voltaire - Pandore

Je braverai ton pouvoir :
Ta foudre épouvantable

Sera moins redoutable

Que mon amour au désespoir.

FIN DU DEUXIEME ACTE.

ACTE TROISIEME.

(Le théâtre représente le palais de Jupiter, brillant d'or et de lumière.)

JUPITER, MERCURE.

JUPITER.
J'ai vu cet objet sur la terre animé ;
Je l'ai vu, j'ai senti des transports qui m'étonnent :

Le ciel est dans ses yeux, les grâces qui l'environnent ;

Je sens que l'amour l'a formé.

MERCURE.
Vous régnez, vous plairez, vous la rendrez sensible.
Vous allez éblouir ses yeux à peine ouverts.

JUPITER.
Non, je ne fus jamais que puissant et terrible :
Je commande à l'Olympe, à la terre, aux enfers ;

Les coeurs sont à l'Amour. Ah ! que le sort m'outrage !

Quand il donna les cieux, quand il donna les mers,

Quand il divisa l'univers,

L'Amour eut le plus beau partage.

MERCURE.
Que craignez-vous ? Pandore à peine a vu le jour,
Et d'elle-même encore à peine a connaissance :

Aurait-elle senti l'amour

Dès le moment de sa naissance ?

JUPITER.
L'Amour instruit trop aisément.
Que ne peut point Pandore ? elle est femme, elle est belle.

La voilà : jouissons de son étonnement.

Retirons-nous pour un moment

Sous les arcs lumineux de la voûte éternelle.

Cieux, enchantez ses yeux, et parlez à son coeur ;

Vous déploierez en vain ma gloire et ma splendeur :

Vous n'avez rien de si beau qu'elle.

(Il se retire.)

PANDORE.
A peine j'ai goûté l'aurore de la vie ;

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