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Voltaire - Pandore

Quoi ! j'ai formé ton coeur, et tu n'es pas sensible !
Tes beaux yeux ne peuvent me voir !

Un impitoyable pouvoir

Oppose à tous mes voeux un obstacle invincible ;

Ta beauté fait mon désespoir.

Quoi ! toute la nature autour de toi respire !

Oiseaux, tendres oiseaux, vous chantez, vous aimez ;

Et je vois ses appas languir inanimés,

La mort les tient sous son empire.

Scène 2.

PROMETHEE, LES TITANS, ENCELADE, ET TYPHON, ETC.

ENCELADE ET TYPHON.
Enfant de la terre et des cieux,
Tes plaintes et tes cris on ému ce bocage.

Parle, quel est celui des dieux

Qui t'ose faire quelque outrage ?

PROMETHEE, en montrant Pandore.
Jupiter est jaloux de mon divin ouvrage ;
Il craint que cet objet n'ait un jour des autels ;

Il ne peut sans courroux voir la terre embellie ;

Jupiter à Pandore a refusé la vie !

Il rend mes chagrins éternels.

TYPHON.
Jupiter ? quoi ! c'est lui qui formerait nos âmes ?
L'usurpateur des cieux peut être notre appui ?

Non, je sens que la vie et ses divines flammes

Ne viennent point de lui.

ENCELADE, en montrant Typhon son frère.
Nous avons pour aïeux la Nuit et le Tartare.
Invoquons l'éternelle Nuit ;

Elle est avant le Jour qui luit.

Que l'Olympe cède au Ténare.

TYPHON.
Que l'enfer, que mes dieux répandent parmi nous
Le germe éternel de la vie :

Que Jupiter frémisse d'envie,

Et qu'il soit vainement jaloux.

PROMETHEE ET LES DIEUX TITANS.
Ecoutez-nous, dieux de la nuit profonde :
De nos astres nouveaux contemplez la clarté ;

Accourez du centre du monde ;

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