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François Villon - Poésies diverses

L'heur des François, le confort des estranges,
Procree lassus au ciel empire,

Mere des bons et seur des benoistz anges.

Et vous, mes dens, chacune si s'escloche,
Saillez avant, rendez toutes mercy

Plus haultement qu'orgue, trompe, ne cloche,

Et de mascher n'ayés ores soussi ;

Considerez que je feusse transi,

Foye, polmon et rate, qui respire ;

Et vous, mon corps, ou vil estes et pire

Qu'ours, ne pourcel qui fait son nic es fanges,

Louez la Court, devant qu'il vous empire,

Mere des bons et seur des benoistz anges.

Prince, trois jours ne vueillez m'escondire
Pour moy pourvoir et aux miens adieu dire ;

Sans eulx argent je n'ay, icy n'aulx changes.

Court triumphant, fiat, sans me desdire,

Mere des bons et seur des benoistz anges.

Question au clerc du guichet


[Ballade de l'appel]

Que dictes vous de mon appel,
Garnier, fis je sens ou folie ?

Toute beste garde sa pel :

Qui la contraint, efforce ou lie,

S'elle peult, elle se deslie.

Quant dont, par plaisir voluntaire

Chanté me fut ceste omelie,

Estoit il lors temps de moy taire ?

Se fusse des hoirs Hue Capel
Qui fut extrait de boucherie,

On ne m'eust parmy ce drapel

Fait boire en cest escorcherie

- Vous entendez bien joncherie -.

Mais quant ceste paine arbitraire

On me juga par tricherie,

Estoit il lors temps de moy taire ?

Cuydiés vous que soubz mon capel
N'eust autant de philosophie

Comme de dire «J'en appel» ?

Si avoit, je vous certifie

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