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François Villon - Poésies diverses

En Egipte Pompee je perdiz,
En mer noyay Jazon en ung bouillon

Et une foys Romme et Rommains ardiz.

Par mon conseil prens tout en gre, Villon !

Alixandre, qui tant fist de hemee,
Qui voulut veoir l'estoille poucyniere,

Sa personne par moy fut envelimee.

Alphasar roy en champ sur sa baniere

Ruay jus mort. Cela est ma maniere :

Ainsi l'ay fait, ainsi le maintendray,

Autre cause ne raison n'en rendray.

Holofernés l'idolastre mauldiz,

Qu'occist Judic - et dormoit entandiz -

De son poignart dedens son pavillon.

Absallon, quoy ? en fuyant le pendis.

Par mon conseil prens tout en gre, Villon !

Pour ce, Françoy, escoute que te dis :
Se riens peusse sans Dieu de Paradiz,

A toy n'autre ne demourroit haillon,

Car pour ung mal lors j'en feroye dix.

Par mon conseil prens tout en gre, Villon !

Quatrain

Je suis François, dont il me poise,
Né de Paris emprés Pontoise,

Et de la corde d'une toise

Saura mon col que mon cul poise.

Ballade des pendus (L'Epitaphe Villon)

Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurciz,

Car, ce pitié de nous pauvres avez,

Dieu en aura plus tost de vous merciz.

Vous nous voyez ci, attachés cinq, six

Quant de la chair, que trop avons nourrie,

Elle est piéca devorée et pourrie,

Et nous les os, devenons cendre et pouldre.

De nostre mal personne ne s'en rie:

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre!

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir desdain, quoy que fusmes occiz

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