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François Villon - Oeuvres complètes

Tant le matte-on qu'il se radvise;
Tant crie l'on Noel qu'il vient.


BALLADE

DES MENUS PROPOS.

Je congnois bien mouches en laict;
Je congnois à la robe l'homme;

Je congnois le beau temps du laid;

Je congnois au pommier la pomme;

Je congnois l'arbre à veoir la gomme;

Je congnois quand tout est de mesme;

Je congnois qui besongne ou chomme;

Je congnois tout, fors que moy-mesme. [P. 118]

Je congnois pourpoinct au collet;
Je congnois le moyne à la gonne;

Je congnois le maistre au valet;

Je congnois au voyle la nonne;

Je congnois quand piqueur jargonne;

Je congnois folz nourriz de cresme;

Je congnois le vin à la tonne;

Je congnois tout, fors que moy-mesme.

Je congnois cheval du mulet;
Je congnois leur charge et leur somme;

Je congnois Bietrix et Bellet;

Je congnois gect qui nombre et somme;

Je congnois vision en somme;

Je congnois la faulte des Boesmes;

Je congnois filz, varlet et homme:

Je congnois tout, fors que moy-mesme.

ENVOI.

Prince, je congnois tout en somme;
Je congnois coulorez et blesmes;

Je congnois mort qui nous consomme;

Je congnois tout, fors que moy-mesme.

BALLADE [P. 119]
DES POVRES HOUSSEURS.

On parle des champs labourer,
De porter chaulme contre vent,

Et aussi de se marier

A femme qui tance souvent;

De moyne de povre couvent,

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