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François Villon - Oeuvres complètes
- Que dis-tu? - Rien. - Certe, c'est ma créance. Plus ne t'en dy. - Et je m'en passeray.
ENVOI.
- Veux-tu vivre? - Dieu m'en doint la puissance! - Il te fault... - Quoy? - Remors de conscience; Lire sans fin. - Et en quoy? - En science; Laisse les folz! - Bien, j'y adviseray. - Or le retiens. - J'en ay bien souvenance. - N'attends pas tant que tourne à desplaisance. Plus ne t'en dy. - Et je m'en passeray.
LA REQUESTE [P. 115] Que Villon bailla à Monseigneur de Bourbon.
Le mien seigneur et prince redoubté, Fleuron de Lys, royale geniture, Françoys Villon, que travail a dompté A coups orbes, par force de batture, Vous supplie, par cette humble escripture, Que luy faciez quelque gracieux prest. De s'obliger en toutes cours est prest; Si ne doubtez que bien ne vous contente. Sans y avoir dommage n'interest, Vous n'y perdrez seulement que l'attente.
A prince n'a ung denier emprunté, Fors à vous seul, vostre humble créature. Des six escus que lui avez presté, Cela pieça, il mist en nourriture; Tout se payera ensemble, c'est droicture, Mais ce sera légèrement et prest: Car, se du gland rencontre en la forest D'entour Patay, et chastaignes ont vente, Payé serez sans delay ny arrest: Vous n'y perdrez seulement que l'attente.
Si je pensois vendre de ma santé A ung Lombard, usurier par nature, Faulte d'argent m'a si fort enchanté, Que j'en prendrois, ce croy-je, l'adventure. Argent ne pend à gippon ne ceincture; Beau sire Dieux! je m'esbahyz que c'est, Que devant moy croix ne se comparoist, Sinon de bois ou pierre, que ne mente; Mais s'une fois la vraye m'apparoist, Vous n'y perdrez seulement que l'attente. [P. 116]
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