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François Villon - Oeuvres complètes
Plus n'est deul qui me desconforte, N'autre ennuy de quelque sorte. Vostre je suis et non plus mien; Ad ce droit et devoir m'enhorte: On doit dire du bien le bien.
O grace et pitié très immense, L'entrée de paix et la porte, Some et benigne clemence, Qui noz faultes toult et supporte, Sy de vous louer me deporte, [P. 109] Ingrat suis, et je le maintien, Dont en ce refrain me transporte: On doit dire du bien le bien.
ENVOI.
Princesse, ce loz je vous porte, Que sans vous je ne feusse rien. A vous et à vous m'en rapporte. On doit dire du bien le bien.
Euvre de Dieu, digne, louée Autant que nulle créature, De tous biens et vertuz douée, Tant d'esperit que de nature, Que de ceulx qu'on dit, d'adventure, Plus nobles que rubis balais; Selon de Caton l'escripture: Patrem insequitur proles.
Port assuré, maintien rassiz, Plus que ne peut nature humaine, Et, eussiez des ans trente-six, Enfance en rien ne vous demaine. Que jour ne le die et sepmaine, Je ne sçay qui me le deffend... A ce propos ung dit ramaine: De saige mère saige enfant.
Dont résume ce que j'ay dit: Nova progenies coelo Car c'est du poëte le dit: [P. 110] Jamjam demittitur alto. Saige Cassandre, belle Echo, Digne Judith, caste Lucresse, Je vous congnois, noble Dido, A ma seule dame et maistresse.
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