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François Villon - Oeuvres complètes
Prince, trois jours ne vueillez m'escondire, Pour moy pourvoir, et aux miens adieu dire; Sans eulx, argent je n'ay, icy n'aux changes. Court triumphant, fiat, sans me desdire; Mère des bons, et soeur des benoistz anges!
BALLADE DE L'APPEL DE VILLON.
Que dites-vous de mon appel, Garnier? Feis-je sens ou follie? Toute beste garde sa pel; Qui la contrainct, efforce ou lye, S'elle peult, elle se deslie. Quand à ceste peine arbitraire On me jugea par tricherie, Estoit-il lors temps de me taire?
Se fusse des hoirs Hue Capel, Qui fut extraict de boucherie, On ne m'eust, parmy ce drapel, Faict boyre à celle escorcherie: Vous entendez bien joncherie? Ce fut son plaisir voluntaire De me juger par fausserie. [P. 105] Etoit-il lors temps de me taire?
Cuydez-vous que soubz mon cappel N'y eust tant de philosophie Comme de dire: «J'en appel?» Si avoit, je vous certifie, Combien que point trop ne m'y fie. Quand on me dit, présent notaire: «Pendu serez!» je vous affie, Estoit-il lors temps de me taire?
ENVOI.
Prince, si j'eusse eu la pepie, Pieça je fusse où est Clotaire, Aux champs debout comme ung espie. Estoit-il lors temps de me taire?
LE DIT
DE LA NAISSANCE MARIE. Jam nova progenies celo demittitur alto. Virg., (ecl. 4, v.7.)
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