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François Villon - Oeuvres complètes

Plus becquetez d'oyseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrairie,

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

ENVOI.

Prince JESUS, qui sur tous seigneurie,
Garde qu'Enfer n'ayt de nous la maistrie:

A luy n'ayons que faire ne que souldre.

Hommes, icy n'usez de mocquerie

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

LA REQUESTE DE VILLON [P. 103]
Présentée à la Cour de Parlement, en forme de ballade.

Tous mes cinq Sens, yeulx, oreilles et bouche,
Le nez, et vous, le sensitif, aussi;

Tous mes membres où il y a reprouche,

En son endroit ung chascun die ainsi:

«Court souverain, par qui sommes icy,

Vous nous avez gardé de desconfire;

Or, la langue ne peut assez suffire

A vous rendre suffisantes louenges:

Si prions tous, fille au souverain Sire,

Mère des bons, et soeur des benoistz anges!»

Cueur, fendez-vous, ou percez d'une broche,
Et ne soyez, au moins, plus endurcy

Qu'au desert fut la forte bise roche

Dont le peuple des Juifs fut adoulcy;

Fondez larmes, et venez à mercy,

Comme humble cueur qui tendrement souspire:

Louez la Court, conjoincte au sainct Empire,

L'heur des Françoys, le confort des estranges,

Procreée la sus au ciel empire,

Mère des bons, et soeur des benoistz anges!

Et vous, mes dentz, chascune si s'esloche;
Saillez avant, rendez toutes mercy,

Plus haultement qu'orgue, trompe, ne cloche,

Et de mascher n'ayez ores soulcy;

Considerez que je fusse transy,

Foye, pommon, et rate qui respire;

Et vous, mon corps, vil qui estes ou pire [P. 104]

Qu'ours ne pourceau, qui faict son nid ès fanges,

Louez la Court, avant qu'il vous empire,

Mère des bons, et soeur des benoistz anges!

ENVOI.

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