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François Villon - Oeuvres complètes

FIN DU GRAND TESTAMENT.

[P. 101]

POÉSIES DIVERSES

LE QUATRAIN
Que feit Villon quand il fut jugé à mourir.

JE SUIS François, dont ce me poise,
Né de Paris emprès Ponthoise.

Or d'une corde d'une toise

Saura mon col que mon cul poise.

L'EPITAPHE

EN FORME DE BALLADE
Que feit Villon pour luy et ses compagnons, s'attendant

estre pendu avec eulx.

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cueurs contre nous endurciz,

Car, si pitié de nous pouvres avez,

Dieu en aura plustost de vous merciz.

Vous nous voyez cy attachez cinq, six:

Quant de la chair, que trop avons nourrie, [P. 102]

Elle est pieça devorée et pourrie,

Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.

De nostre mal personne ne s'en rie,

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

Se vous clamons, frères, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoique fusmes occis

Par justice. Toutesfois, vous sçavez

Que tous les hommes n'ont pas bon sens assis;

Intercedez doncques, de cueur rassis,

Envers le Filz de la Vierge Marie,

Que sa grace ne soit pour nous tarie,

Nous preservant de l'infernale fouldre.

Nous sommes mors, ame ne nous harie;

Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre!

La pluye nous a debuez et lavez,
Et le soleil dessechez et noirciz;

Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,

Et arrachez la barbe et les sourcilz.

Jamais, nul temps, nous ne sommes rassis;

Puis cà, puis là, comme le vent varie,

A son plaisir sans cesser nous charie,

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