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François Villon - Oeuvres complètes
Tout aux tavernes et aux filles.
Ryme, raille, cymballe, luttes, Comme folz, faintis, eshontez; Farce, broille, joue des flustes; Fais, ès villes et ès cités, Fainctes, jeux et moralitez; Gaigne au berlan, au glic, aux quilles: Où s'en va tout? Or escoutez: Tout aux tavernes et aux filles.
De telz ordures te reculles; [P. 88] Laboure, fauche champs et prez; Serz et panse chevaulx et mulles, S'aucunement tu n'es lettrez; Assez auras, se prens en grez. Mais, se chanvre broyes ou tilles, Où tend ton labour qu'as ouvrez? Tout aux tavernes et aux filles.
ENVOI.
Chausses, pourpoinctz esguilletez, Robes, et toutes vos drapilles, Ains que cessez, vous porterez Tout aux tavernes et aux filles.
CXLVI.
A vous parle, compaings de galles, Qui estes de tous bons accors; Gardez-vous tous de ce mau hasles, Qui noircist gens quand ils sont mortz; Eschevez-le, c'est ung mal mors; Passez-vous-en mieulx que pourrez; Et, pour Dieu, soyez tous recors Qu'une fois viendra que mourrez.
CXLVII.
Item, je donne aux Quinze-Vingtz, Qu'autant vauldroit nommer Trois-Cens De Paris, non pas de Provins, Car à eulx tenu je me sens. Ilz auront, et je m'y consens, Sans les estuis, mes grans lunettes, [P. 89] Pour mettre à part, aux Innocens, Les gens de bien des deshonnestes.
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