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François Villon - Oeuvres complètes

Mais les perduz fault que console,
Si doivent estre retrouvez, [P. 86]

Par droict, sur Marion l'Ydolle.

Une leçon de mon escolle

Leur liray, qui ne dure guière.

Teste n'ayent dure ne folle,

Mais escoutent: c'est la dernière!

BELLE LEÇON
DE VILLON, AUX ENFANS PERDUZ.

Beaux enfans, vous perdez la plus
Belle rose de vo chapeau,

Mes clers apprenans comme glu;

Se vous allez à Montpippeau

Ou à Ruel, gardez la peau:

Car, pour s'esbatre en ces deux lieux,

Cuydant que vaulsist le rappeau,

La perdit Colin de Cayeulx.

Ce n'est pas ung jeu de trois mailles,
Où va corps, et peut-estre l'ame:

S'on perd, rien n'y sont repentailles,

Qu'on ne meure à honte et diffame;

Et qui gaigne, n'a pas à femme

Dido la royne de Cartage.

L'homme est donc bien fol et infame,

Qui, pour si peu, couche tel gage.

Qu'ung chascun encore m'escoute:
On dit, et il est vérité,

Que charretée se boyt toute, [P. 87]

Au feu l'yver, au bois l'esté.

S'argent avez, il n'est enté;

Mais le despendez tost et viste.

Qui en voyez-vous hérité?

Jamais mal acquest ne proffite.

BALLADE
DE BONNE DOCTRINE,

A ceux de mauvaise vie.

Car ou soyes porteur de bulles,
Pipeur ou hazardeur de dez,

Tailleur de faulx coings, tu te brusles,

Comme ceux qui sont eschaudez,

Traistres pervers, de foy vuydez;

Soyes larron, ravis ou pilles:

Où en va l'acquest, que cuydez?

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