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François Villon - Oeuvres complètes

[Note 20: Rabelais, livre IV, chap. LXVII. M. Nagel a relevé deux erreurs dans ce passage de
Rabelais. Villon n'aurait pu se trouver à la cour d'Edouard V, qui ne monta sur le trône qu'en 1483, et le

médecin Thomas Linacre, né vers 1460, ne fut célèbre que sous les règnes de Henri VII et de Henri VIII.]

[Note 21: Page 9. - Le Franc archer de Bagnolet dit, p. 157, v. 12: «Ma mère fut née d'Anjou;» mais
cela ne prouverait rien, même quand il serait démontré que ce monologue est de Villon.]

[Note 22: Page 62.]

Il eut un autre protecteur en la personne du duc de Bourbon, qui lui faisait de «gracieux prêts [23].»

Enfin, Rabelais, livre IV, chapitre XIII, nous apprend que «maistre François Villon, sus ses vieux jours,
se retira à Saint-Maixent en Poictou, sous la faveur d'un homme de bien, abbé dudit lieu. Là, pour donner

passe-temps au peuple, entreprit faire jouer la Passion en gestes et langage poictevin [24].» Ce

témoignage n'est pas irrécusable; mais pourquoi ne pas l'accepter? Après une vie aussi agitée, on aime à

se représenter le pauvre poète enfin tranquille, à l'abri du besoin, s'occupant, pour son plaisir, de jeux

dramatiques, auxquels il avait dû probablement, dans d'autres temps, demander son pain [25].

[Note 23: P. 115, v. 6.]

[Note 24: oeuvres de Rabelais, édition Burgaud des Marets et Ratnery, t. II, p. 92. On voit
ensuite un tour joué au sacristain des cordeliers, Estienne Tapecoue, qui sent bien son Villon, mais dont

le dénoûment cruel a pu être inventé par Rabelais, qui n'aimait pas les moines.]

[Note 25: On croit que Villon donna des représentations dramatiques à Paris et ailleurs, et c'est
comme directeur de troupe qu'on lui fait parcourir une partie de la France et des Pays-Bas.]

En pénétrant dans les mystères de cette existence misérable, on est frappé de deux choses: D'abord, on
remarque qu'elle n'exerça pas sur le coeur de Villon toute l'action corruptrice qu'il y avait lieu de

redouter. Au milieu de son abjection, [P. XIV] Villon conserve des sentiments élevés. Il est plein d'amour

et de respect pour sa mère [26], de reconnaissance pour quiconque l'a secouru [27], de vénération pour

ceux qui ont fait de grandes choses; il aime son pays, chose d'autant plus honorable qu'elle était rare en

ce temps-là [28]; il regrette les erreurs de sa jeunesse, et le temps qu'il a si mal employé [29]; voilà qui

doit lui faire pardonner bien des choses.

[Note 26: Voy. p. 32, huit. XXXVIII; p. 54, huit. LXXIX; p. 55, Ballade.]

[Note 27: Guillaume Villon, p. 9, 53; Jean Cotard, p. 22, 58; Louis XI, p. 23, 24; le Parlement, P.
103; Marie d'Orléans, p. 105, 107; le duc de Bourbon, p. 114.]

[Note 28: Ces deux vers de la page 34:

Et Jehanne, la bonne Lorraine,
Qu'Anglois brulèrent à Rouen
,

lui font d'autant plus d'honneur qu'à l'époque où il les écrivit des gens éclairés regardaient Jeanne d'Arc
comme sorcière, et les Anglais avaient en France de nombreux partisans.]

[Note 29: Grand Testament, huitain XXVI et suiv.]

Puis, quelle influence n'eut-elle pas sur le talent du poète [30]! Formé, comme on dit aujourd'hui, à

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