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François Villon - Oeuvres complètes
Blanche, tendre, pollie et attaintée: Boire ypocras, à jour et à nuyctée, Rire, jouer, mignonner et baiser, Et nud à nud, pour mieulx des corps s'ayser, Les vy tous deux, par un trou de mortaise: Lors je congneuz que, pour dueil appaiser, Il n'est tresor que de vivre à son aise.
Se Franc-Gontier et sa compaigne Heleine [P. 79] Eussent tousjours tel douce vie hantée, D'oignons, civetz, qui causent forte alaine, N'en comptassent une bise tostée. Tout leur mathon, ne toute leur potée, Ne prise ung ail, je le dy sans noysier. S'ilz se vantent coucher soubz le rosier, Ne vault pas mieulx lict costoyé de chaise? Qu'en dictes-vous? Faut-il à ce muser? Il n'est tresor que de vivre à son aise.
De gros pain bis vivent, d'orge, d'avoine, Et boivent eau, tout au long de l'année. Tous les oyseaulx d'icy en Babyloine A tel escot une seule journée Ne me tiendroient, non une matinée. Or s'esbate, de par Dieu, Franc-Gontier, Helène o luy, soubz le bel esglantier; Si bien leur est, n'ay cause qu'il me poise; Mais, quoy qu'il soit du laboureux mestier, Il n'est tresor que de vivre à son aise.
ENVOI.
Prince, jugez, pour tous nous accorder. Quant est à moy, mais qu'à nul n'en desplaise, Petit enfant, j'ay ouy recorder Qu'il n'est tresor que de vivre à son aise.
CXXXIV.
Item, pour ce que sçait la Bible, Mademoyselle de Bruyères, Donne prescher, hors l'Evangile, [P. 80] A elle et à ses bachelieres, Pour retraire ces villotières Qui ont le bec si affilé, Mais que ce soit hors cymetières, Trop bien au marché au filé.
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