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François Villon - Oeuvres complètes
Soient frittes ces langues envieuses!
En sublimé, dangereux à toucher; Et au nombril d'une couleuvre vive; En sang qu'on mect en poylettes secher, Chez ces barbiers, quand plaine lune arrive, Dont l'ung est noir, l'autre plus vert que cive, En chancre et fix, et en ces ords cuveaulx Où nourrices essangent leurs drappeaulx; En petits baings de filles amoureuses Qui n'entendent qu'à suivre les bordeaulx, Soient frittes ces langues envieuses!
ENVOI.
Prince, passez tous ces friands morceaux, S'estamine n'avez, sacs ou bluteaux, Parmy le fons d'unes brayes breneuses; Mais, paravant, en estronts de pourceaulx Soient frittes ces langues envieuses!
CXXXII.
Item, à maistre Jehan Courault, Les Contredictz Franc-Gontier mande: Quant du Tyrant seant en hault, [P. 78] A cestuy-là rien ne demande; Le saige ne veult que contende, Contre puissant, pouvre homme las, Affin que ses filez ne tende, Et que ne tresbuche en ses laqs.
CXXXIII.
Gontier ne crains: il n'a nulz hommes Et mieulx que moy n'est herité; Mais en ce debat cy nous sommes, Car il loue sa pouvreté: Estre pouvre, yver et esté, A felicité il repute, Ce que tiens à malheureté. Lequel à tort? Or en dispute.
BALLADE
Intitulée: Les Contredictz de Franc-Gontier
Sur mol duvet assis, ung gras chanoine, Lez ung brasier, en chambre bien nattée, A son costé gisant dame Sydoine,
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