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François Villon - Oeuvres complètes
Et, avec ce don de giroffle, Servir, de cueur gent et ysnel, Le seigneur qui sert sainct Cristofle,
CXXIX.
Auquel ceste Ballade donne, Pour sa dame, qui tous biens a. S'Amour ainsi tous ne guerdonne, Je ne m'esbahys de cela; Car au Pas conquesté celle a Que tint René, roy de Cecille, Où si bien fist et peu parla Qu'oncques Hector feit, ne Troïle.
BALLADE
Que Villon donna à un gentilhomme, nouvellement marié, pour l'envoyer à son espouse, par luy conquise à l'espée.
Au poinct du jour, que l'esprevier se bat, Meu de plaisir et par noble coustume, Bruyt il demaine et de joye s'esbat, Reçoit son per et se joint à la plume: Ainsi vous vueil, à ce désir m'allume. Joyeusement ce qu'aux amans bon semble. [P. 75] Sachez qu'Amour l'escript en son volume, Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
Dame serez de mon cueur, sans debat, Entierement, jusques mort me consume. Laurier soüef qui pour mon droit combat, Olivier franc, m'ostant toute amertume. Raison ne veult que je desaccoustume, Et en ce vueil avec elle m'assemble, De vous servir, mais que m'y accoustume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
Et qui plus est, quand dueil sur moy s'embat, Par fortune qui sur moy si se fume, Vostre doulx oeil sa malice rabat, Ne plus ne moins que le vent faict la fume. Si ne perds pas la graine que je sume En vostre champ, car le fruict me ressemble: Dieu m'ordonne que le fouysse et fume; Et c'est la fin pourquoy sommes ensemble.
ENVOI.
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