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François Villon - Oeuvres complètes
Ceste Ballade luy envoye, Qui se termine toute en R. Qui la portera? que j'y voye: Ce sera Pernet de la Barre, Pourveu, s'il rencontre en son erre Ma damoyselle au nez tortu, Il luy dira, sans plus enquerre: «Orde paillarde, d'où viens-tu?»
BALLADE DE VILLON A S'AMYE.
Faulse beaulté, qui tant me couste cher. Rude en effect, hypocrite doulceur; Amour dure, plus que fer, à mascher; [P. 58] Nommer que puis de ma deffaçon soeur, Cherme felon, la mort d'ung povre cueur, Orgueil mussé, qui gens met au mourir; Yeulx sans pitié! ne veult droicte rigueur, Sans empirer, ung pauvre secourir?
Mieulx m'eust valu avoir esté crier Ailleurs secours, c'eust esté mon bonheur: Rien ne m'eust sceu hors de ce fait chasser; Trotter m'en fault en fuyte à deshonneur. Haro, haro, le grand et le mineur! Et qu'est cecy? mourray, sans coup ferir, Ou pitié veult, selon ceste teneur, Sans empirer, ung povre secourir.
Ung temps viendra, qui fera desseicher, Jaulnir, flestrir, vostre espanie fleur: Je m'en risse, se tant peusse marcher, Mais nenny: lors (ce seroit donc foleur) Vieil je seray; vous, laide, et sans couleur. Or, beuvez fort, tant que ru peult courir. Ne donnez pas à tous ceste douleur, Sans empirer, ung povre secourir.
ENVOI.
Prince amoureux, des amans le greigneur, Vostre mal gré ne vouldroye encourir; Mais tout franc cueur doit, par Nostre Seigneur, Sans empirer, ung povre secourir.
[P. 59] LXXXIV.
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