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François Villon - Oeuvres complètes
[Note 12: Quoy que je luy voulsisse dire, Elle estoit preste d'escouter, etc. (P. 47.)]
[Note 13: ... qui partout m'appelle L'amant remys et renié. (P. 48.)]
[Note 14: Voir notamment les huitains CVI à CX du Grand Testament.]
[Note 15: Quant chicanner me feit Denise, Disant que je l'avoye mauldite. P. 69.]
[Note 16: La sentence fut exécutée. La Double ballade de la page 45 ne laisse aucun doute à cet égard: J'en fus batu, comme à ru telles, Tout nud... (P. 46, v. 24-25.)]
C'est à la suite de cette sentence que Villon, décidé à quitter Paris, composa les Lays ou legs auxquels on a donné depuis le titre de Petit Testament.
Dans le huitain VI, page 9, il annonce qu'il s'en va à Angers. Il est probable qu'il ne fit pas ce voyage. Ses habitudes, ses relations, sa misère, le retinrent à Paris ou aux environs. C'était en 1456. Flétri par le châtiment qu'il avait subi, aigri par l'infortune, il ne connut plus de bornes. L'année qui suivit sa condamnation fut assurément l'époque la plus honteuse de sa vie. En 1457, il était dans les prisons du Châtelet, et le Parlement, après lui avoir fait appliquer la question de l'eau[17], le condamnait à mort. On ignore le motif de cette condamnation; on a supposé qu'il s'agissait d'un crime commis à Rueil par lui et plusieurs de ses compagnons, dont quelques-uns furent pendus[18]. Cette supposition paraît fondée. Quant au crime commis, il n'était peut-être pas d'une extrême [P. X] gravité. Les lois étaient sévères, et les compagnons de Villon devaient avoir, comme lui, des antécédents fâcheux.
[Note 17: C'est ce qu'indiquent clairement ces deux vers de la page 104: On ne m'eust, parmi ce drapel, Faict boyre à celle escorcherie.]
[Note 18: Voy. la Belle leçon aux enfans perduz, p. 86, et le Jargon, p. 125.]
Quoi qu'il en soit, Villon ne partagea pas leur sort. Il est vrai qu'il ne négligea rien pour se tirer d'affaire: il appela de la sentence, ce qui lui valut quelque répit; puis, du moins ceci paraît certain, à l'occasion de la naissance d'une princesse qu'il appelle Marie, il implora la protection du père de cette princesse. Cette démarche lui réussit: le prince intercéda pour lui, et le Parlement commua sa peine en celle du bannissement. Villon se montra pénétré de reconnaissance. Il adressa une requête au Parlement, pour lui rendre grâces autant que pour lui demander un délai de trois jours pour quitter Paris, et il composa pour la princesse qui venait de naître des vers pleins de sentiment. M. Prompsault a cru que cette princesse était Marie de Bourgogne, fille de Charles le Téméraire, née le 13 février 1457; mais c'était une erreur. M. Auguste Vitu, qui prépare depuis nombre d'années une édition de Villon, a reconnu qu'il s'agissait de Marie d'Orléans, fille du poète Charles d'Orléans, née le 19 décembre 1457, et M. Campeaux a clairement démontré que cette opinion était fondée.
A partir du moment où Villon quitte Paris, en exécution de l'arrêt du Parlement, nous perdons sa trace jusqu'en 1461. A cette époque nous le trouvons dans les prisons de Meung-sur-Loire, où le détient Thibault d'Aussigny, évêque d'Orléans. Quel nouveau méfait lui reprochait-on? Ceux qui supposent qu'il avait fabriqué de la fausse monnaie n'ont pas pris garde que la punition de ce crime était exclusivement du ressort des juges séculiers. Dans le Débat du coeur et du corps de Villon, composé dans sa prison, le poète attribue sa détention à sa folle plaisance.
Ce qu'on lui reprochait, c'était peut-être quelque [P. XI] propos ou quelque écrit peu orthodoxe,
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