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François Villon - Oeuvres complètes

La joye avoir fais-moy, haulte Deesse,
A qui pecheurs doivent tous recourir,

Comblez de foy, sans faincte ne paresse.

En ceste foy je vueil vivre et mourir.

ENVOI.

Vous portastes, Vierge, digne princesse,
JESUS régnant, qui n'a ne fin ne cesse.

Le Tout-Puissant, prenant nostre foiblesse,

Laissa les cieulx et nous vint secourir;

Offrist à mort sa très clère jeunesse;

Nostre Seigneur tel est, tel le confesse.

En ceste foy je vueil vivre et mourir.

LXXX.

Item, m'amour, ma chère Rosé,
Ne luy laisse ne cueur ne foye:

Elle aymeroit mieulx autre chose,

Combien qu'elle ait assez monnoye:

Quoy? une grand bourse de soye,

Pleine d'escuz, profonde et large:

Mais pendu soit-il, que je soye,

Qui luy lairra escu ne targe.

LXXXI.

Car elle en a, sans moy, assez.
Mais de cela il ne m'en chault;

Mes grans deduictz en sont passez;

Plus n'en ay le cropion chauld.

Si m'en desmetz aux hoirs Michault, [P. 57]

Qui fut nommé le bon fouterre.

Priez pour luy, faictes ung sault:

A Saint-Satur gist, soubz Sancerre.

LXXXII.

Ce non obstant, pour m'acquitter
Envers Amours, plus qu'envers elle,

Car oncques n'y peuz acquester

D'amours une seule estincelle;

Ne sçay s'à tous est si rebelle

Qu'à moy: ce ne m'est grand esmoy;

Mais, par saincte Marie la belle!

Je n'y voy que rire pour moy.

LXXXIII.

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