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François Villon - Oeuvres complètes
La matière est si très notable, Qu'elle amende tout le meffaict.
LXXIX.
Item, donne à ma bonne mère Pour saluer nostre Maistresse, Qui pour moy eut douleur amère, Dieu le sçait, et mainte tristesse; Autre chastel ou fosteresse N'ay où retraire corps et ame, Quand sur moy court male destresse, Ne ma mère, la povre femme!
[P. 55]
BALLADE QUE VILLON FEIT A LA REQUESTE DE SA MÈRE, POUR PRIER NOSTRE-DAME.
Dame du ciel, régente terrienne, Emperière des infernaulx palux, Recevez-moy, vostre humble chrestienne, Que comprinse soye entre voz esleuz, Ce non obstant qu'oncques rien ne valuz. Les biens de vous, ma dame et ma maistresse, Sont trop plus grans que ne suis pecheresse, Sans lesquelz biens ame ne peult merir N'avoir les cieulx, je n'en suis jengleresse. En ceste foy je vueil vivre et mourir.
A vostre Filz dictes que je suis sienne; Que de luy soyent mes péchez aboluz: Pardonnés moi comme à l'Egyptienne, Ou comme il feit au clerc Theophilus, Lequel par vous fut quitte et absoluz, Combien qu'il eust au diable faict promesse. Preservez-moy, que je ne face cesse; Vierge, pourtant, me vouilliés impartir Le sacrement qu'on celebre à la messe. En ceste foy je vueil vivre et mourir.
Femme je suis povrette et ancienne, Ne riens ne sçay; oncques lettre ne leuz; Au monstier voy dont suis parroissienne Paradis painct, où sont harpes et luz, Et ung enfer où damnez sont boulluz: [P. 56] L'ung me faict paour, l'autre joye et liesse.
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