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François Villon - Oeuvres complètes
Qu'aucuns, sans mon consentement, Voulurent nommer Testament; Leur plaisir fut, et non le mien: Mais quoy! on dit communement, Qu'un chascun n'est maistre du sien.
LXVI.
S'ainsi estoit qu'aulcun n'eust pas Receu les lays que je luy mande, J'ordonne que, après mon trespas, A mes hoirs en face demande; Qui sont-ilz? si on le demande: Moreau, Provins, Robin Turgis; De moy, par dictez que leur mande, Ont eu jusqu'au lict où je gys.
LXVII.
Pour le révoquer ne le dy, Et y courust toute ma terre; De pitié en suys refroidy, Envers le bastard de la Barre: Parmy ses trois gluvons de foerre, Je luy donne mes vieilles nattes; Bonnes seront pour tenir serre, [P. 51] Et soy soustenir sur ses pattes.
LXVIII.
Somme, plus ne diray qu'ung mot, Car commencer veuil à tester: Devant mon clerc Fremin, qui m'ot (S'il ne dort), je vueil protester, Que n'entends homme detester, En ceste presente ordonnance; Et ne la vueil manifester Sinon au royaulme de France.
LXIX.
Je sens mon cueur qui s'affoiblist, Et plus je ne puys papier. Fremin, siez-toy près de mon lict, Que l'on ne me viengne espier! Prens tost encre, plume et papier, Ce que nomme escryz vistement; Puys fais-le partout copier, Et vecy le commancement.
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