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François Villon - Oeuvres complètes

David ly roy, saige prophètes,
Craincte de Dieu en oublya,

Voyant laver cuisses bien faictes...

Bien heureux est qui rien n'y a!

Ammon en voult deshonnorer,
Feignant de manger tartelettes,

Sa soeur Thamar, et deflorer,

Qui fist choses moult deshonnestes;

Herodes (pas ne sont sornettes)

Sainct Jean-Baptiste en décolla,

Pour dances, saultz et chansonnettes...

Bien heureux est qui rien n'y a!

De moy, pauvre, je veuil parler;
J'en fuz batu, comme à ru telles,

Tout nud, jà ne le quiers celer.

Qui me feit mascher ces groiselles,

Fors Katherine de Vauselles?

Noé le tiers ot, qui fut là.

Mitaines à ces nopces telles,

Bien heureux est qui rien n'y a!

Mais que ce jeune bachelier [P. 47]
Laissast ces jeunes bachelettes,

Non! et, le deust-on vif brusler,

Comme ung chevaucheur d'escovettes.

Plus doulces luy sont que civettes;

Mais toutesfoys fol s'y fia:

Soient blanches, soient brunettes,

Bien heureux est qui rien n'y a!

LV.

Si celle que jadis servoye
De si bon cueur et loyaument,

Dont tant de maulx et griefz j'avoye,

Et souffroye tant de torment,

Se dit m'eust, au commencement,

Sa voulenté (mais nenny, las!),

J'eusse mys peine aucunement,

De moy retraire de ses las.

LVI.

Quoy que je luy voulsisse dire,
Elle estoit preste d'escouter,

Sans m'accorder ne contredire;

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