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François Villon - Oeuvres complètes

XXXVI.

De pouvreté me guermentant,
Souventesfoys me dit le cueur:

«Homme, ne te doulouse tant

Et ne demaine tel douleur,

Se tu n'as tant qu'eust Jacques Cueur.

Myeulx vault vivre soubz gros bureaux

Pauvre, qu'avoir esté seigneur

Et pourrir soubz riches tumbeaux!»

XXXVII.

Qu'avoir esté seigneur!... Que dys?
Seigneur, lasse! ne l'est-il mais!

Selon ce que d'aulcun en dict,

Son lieu ne congnoistra jamais.

Quant du surplus, je m'en desmectz.

Il n'appartient à moy, pécheur;

Aux théologiens le remectz,

Car c'est office de prescheur.

XXXVIII.

Si ne suys, bien le considère,
Filz d'ange, portant dyadème

D'etoille ne d'autre sydère.

Mon père est mort, Dieu en ayt l'ame,

Quant est du corps, il gyst soubz lame...

J'entends que ma mère mourra,

Et le sçait bien, la pauvre femme;

Et le filz pas ne demourra.

XXXIX. [P. 33]

Je congnoys que pauvres et riches,
Sages et folz, prebstres et laiz,

Noble et vilain, larges et chiches,

Petitz et grans, et beaulx et laidz,

Dames à rebrassez colletz,

De quelconque condicion,

Portant attours et bourreletz,

Mort saisit sans exception.

XL.

Et mourut Paris et Hélène.
Quiconques meurt, meurt à douleur.

Celluy qui perd vent et alaine,

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