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François Villon - Oeuvres complètes

Si s'en fait bon taire tout quoy.
Mais aux pauvres qui n'ont de quoy,

Comme moy, Dieu doint patience;

Aux aultres ne fault qui ne quoy,

Car assez ont pain et pitance.

XXXII.

Bons vins ont, souvent embrochez,
Saulces, brouetz et gros poissons;

Tartres, flans, oeufz fritz et pochez, [P. 31]

Perduz, et en toutes façons.

Pas ne ressemblent les maçons,

Que servir fault à si grand peine;

Ils ne veulent nulz eschançons,

Car de verser chascun se peine.

XXXIII.

En cest incident me suys mys,
Qui de rien ne sert à mon faict.

Je ne suys juge, ne commis,

Pour punyr n'absouldre meffaict.

De tous suys le plus imparfaict.

Loué soit le doulx Jésus-Christ!

Que par moy leur soit satisfaict!

Ce que j'ay escript est escript.

XXXIV.

Laissons le monstier où il est;
Parlons de chose plus plaisante.

Ceste matière à tous ne plaist:

Ennuyeuse est et desplaisante.

Pauvreté, chagrine et dolente,

Tousjours despiteuse et rebelle,

Dit quelque parolle cuysante;

S'elle n'ose, si le pense-elle.

XXXV.

Pauvre je suys de ma jeunesse,
De pauvre et de petite extrace.

Mon pere n'eut oncq grand richesse.

Ne son ayeul, nommé Erace.

Pauvreté tous nous suyt et trace.

Sur les tumbeaulx de mes ancestres,

Les ames desquelz Dieu embrasse, [P. 32]

On n'y voyt couronnes ne sceptres.

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