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François Villon - Oeuvres complètes

XXVII.

Le dict du Saige est très beaulx dictz,
Favorable, et bien n'en puis mais,

Qui dit: «Esjoys-toy, mon filz,

A ton adolescence; mais

Ailleurs sers bien d'ung autre mectz,

Car jeunesse et adolescence

(C'est son parler, ne moins ne mais)

Ne sont qu'abbus et ignorance.»

XXVIII.

Mes jours s'en sont allez errant,
Comme, dit Job, d'une touaille

Sont les filetz, quant tisserant

Tient en son poing ardente paille:

Lors, s'il y a nul bout qui saille,

Soudainement il le ravit.

Si ne crains rien qui plus m'assaille,

Car à la mort tout assouvyst.

XXIX. [P. 30]

Où sont les gratieux gallans
Que je suyvoye au temps jadis,

Si bien chantans, si bien parlans,

Si plaisans en faictz et en dictz?

Les aucuns sont mortz et roydiz;

D'eulx n'est-il plus rien maintenant.

Respit ils ayent en paradis,

Et Dieu saulve le remenant!

XXX.

Et les aucuns sont devenuz,
Dieu mercy! grans seigneurs et maistres,

Les autres mendient tous nudz,

Et pain ne voyent qu'aux fenestres;

Les autres sont entrez en cloistres;

De Celestins et de Chartreux,

Bottez, housez, com pescheurs d'oystres:

Voilà l'estat divers d'entre eulx.

XXXI.

Aux grans maistres Dieu doint bien faire
Vivans en paix et en requoy.

En eulx il n'y a que refaire;

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