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François Villon - Oeuvres complètes
voulu me dispenser de décrire, après tant d'autres[1], cette existence peu édifiante, mais je n'ai pas cru pouvoir le faire. Le sujet des poésies de Villon, c'est Villon lui-même, et sa biographie est la clef de ses oeuvres.
[Note 1: Voir notamment la Vie de François Villon, par Guillaume Colletet, en tête des oeuvres de Villon, édition de M.P.L. Jacob, bibliophile (M. Paul Lacroix), Paris, 1854, in-16; - le Mémoire de M. Prompsault, en tête de son édition de Villon, Paris, 1832, in-8; - François Villon, Versuch einer kritischen Darstellung seines Lebens nach seinen Gedichten, von Dr. S. Nagel. Mulheim an der Ruhr, 1856, in-4, le travail le plus complet et le plus judicieux qu'on eût fait jusqu'alors sur ce sujet, et la base de ceux qu'on a faits depuis; - François Villon, sa vie et ses oeuvres, par Antoine Campeaux, Paris, Durand, 1859, in-8, et la notice de M. Anatole de Montaiglon, excellente pour le fond comme pour la forme, dans les Poètes Français, recueil publié sous la direction de M. Eugène Crépet, Paris, 1861-62, 4 vol. gr. in-8, t. I, p. 447-455.]
François Villon naquit à Paris en 1431. Sur la foi d'une pièce que Fauchet, dans son traité de l'Origine des chevaliers, imprimé en 1599, dit avoir trouvée dans un manuscrit de sa bibliothèque [2], on [ p. VI] a mis en doute le lieu de la naissance et jusqu'au nom du poète. On s'est livré à des conjectures ingénieuses pour concilier les renseignements fournis par lui-même avec les indications de Fauchet, pour expliquer comment il pouvait s'appeler à la fois Corbueil et Villon, être à la fois natif d'Auvers et de Paris. Pour moi, je crois, avec le P. Du Cerceau, Daunou et beaucoup d'autres, qu'on ne doit tenir aucun compte de ce huitain, amplification maladroite de l'épitaphe en quatre vers [3]. Ce n'est pas sur une pareille autorité qu'on peut substituer le nom de Corbueil à celui de Villon, que notre poète se donne lui-même en vingt endroits de ses oeuvres [4].
[Note 2: Voici cette pièce, que j'ai cru devoir rejeter des oeuvres de Villon:
Je suis Françoys, dont ce me poise, Nommé Corbueil en mon surnom, Natif d'Auvers emprès Pontoise, Et du commun nommé Villon. Or, d'une corde d'une toise Sauroit mon col que mon cul poise, Se ne fut un joli appel. Le jeu ne me sembloit point bel.
L'auteur de ce huitain n'a pas compris l'intention comique de ce vers de Villon:
Né de Paris emprès Pontoise;
C'est pourquoi il le fait gravement naître à Auvers, qui est en effet près de Pontoise. Mais une preuve certaine de la composition tardive de cette pièce, c'est qu'on ne trouverait probablement pas dans la seconde moitié du XVe siècle, et certainement pas dans les oeuvres de Villon, un huitain dont les rimes soient distribuées comme dans celui-là. Dans tous les huitains de Villon, sans exception, le premier vers rime avec le troisième, le second avec le quatrième, le cinquième et le septième, et le sixième avec le huitième. Les faussaires ne pensent jamais à tout.]
[Note 3: Voy. p. 101.]
[Note 4: Voy. le Glossaire-Index, au mot VILLON.]
Les parents de Villon étaient pauvres[5]. Sa mère était [P. VII] illettrée[6]; son père était vraisemblablement un homme de métier, et peut-être, ainsi que l'a conjecturé M. Campeaux, un ouvrier en cuir, un cordouennier[7].
[Note 5: V. p. 31, huitain XXXV.]
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