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François Villon - Oeuvres complètes
Il ne s'en est à pied allé, N'a cheval; las! et comment donc? Soudainement s'en est voilé, Et ne m'a laissé quelque don.
XXIII.
Allé s'en est, et je demeure, Pauvre de sens et de sçavoir, Triste, failly, plus noir que meure, Qui n'ay ne cens, rente, n'avoir; Des miens le moindre, je n'y voir, De me desadvouer s'avance, Oublyans naturel devoir, Par faulte d'ung peu de chevance.
XXIV.
Si ne crains avoir despendu, Par friander et par leschier; Par trop aimer n'ay riens vendu, Que nuls me puissent reprouchier. Au moins qui leur couste trop cher. Je le dys, et ne croys mesdire. De ce ne me puis revencher: Qui n'a méfiait ne le doit dire.
XXV.
Est vérité que j'ay aymé Et que aymeroye voulentiers; Mais triste cueur, ventre affamé, Qui n'est rassasié au tiers, Me oste des amoureux sentiers. Au fort, quelqu'un s'en recompense, Qui est remply sur les chantiers, [P. 29] Car de la panse vient la danse.
XXVI.
Bien sçay se j'eusse estudié Ou temps de ma jeunesse folle, Et à bonnes meurs dedié, J'eusse maison et couche molle! Mais quoy? je fuyoye l'escolle, Comme faict le mauvays enfant... En escrivant ceste parolle, A peu que le cueur ne me fend.
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