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François Villon - Oeuvres complètes
L'empereur si l'arraisonna: «Pourquoy es-tu larron de mer?» L'autre, responce luy donna: «Pourquoy larron me faiz nommer? «Pour ce qu'on me voit escumer «En une petiote fuste? «Se comme toy me peusse armer, «Comme toy empereur je fusse.
XIX. [P. 27]
«Mais que veux-tu! De ma fortune, «Contre qui ne puis bonnement, «Qui si durement m'infortune, «Me vient tout ce gouvernement. «Excuse-moy aucunement, «Et sçaches qu'en grand pauvreté «(Ce mot dit-on communément) «Ne gist pas trop grand loyaulté.»
XX.
Quand l'empereur eut remiré De Diomedès tout le dict: «Ta fortune je te mueray, «Mauvaise en bonne!» ce luy dit. Si fist-il. Onc puis ne mesprit A personne, mais fut vray homme; Valère, pour vray, le rescript, Qui fut nommé le grand à Romme.
XXI.
Se Dieu m'eust donné rencontrer Ung autre piteux Alexandre, Qui m'eust faict en bon heur entrer, Et lors qui m'eust veu condescendre A mal, estre ars et mys en cendre Jugé me fusse de ma voix. Nécessité faict gens mesprendre, Et faim saillir le loup des boys.
XXII.
Je plaings le temps de ma jeunesse, Ouquel j'ay plus qu'autre gallé, Jusque à l'entrée de vieillesse, [P. 28] Qui son partement m'a celé.
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