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François Villon - Oeuvres complètes

Et pourveut du don d'espérance;
Combien que le pecheur soit vile,

Riens ne hayt que persévérance.

XIV.

Je suys pécheur, je le sçay bien;
Pourtant Dieu ne veult pas ma mort,

Mais convertisse et vive en bien;

Mieulx tout autre que péché mord,

Soye vraye voulenté ou enhort,

Dieu voit, et sa miséricorde,

Se conscience me remord,

Par sa grace pardon m'accorde.

XV.

Et, comme le noble Romant
De la Rose dit et confesse

En son premier commencement,

Qu'on doit jeune cueur, en jeunesse,

Quant on le voit vieil en vieillesse,

Excuser; helas! il dit voir.

Ceulx donc qui me font telle oppresse, [P. 26]

En meurté ne me vouldroient veoir.

XVI.

Se, pour ma mort, le bien publique
D'aucune chose vaulsist myeulx,

A mourir comme ung homme inique

Je me jugeasse, ainsi m'aid Dieux!

Grief ne faiz à jeune ne vieulx,

Soye sur pied ou soye en bière:

Les montz ne bougent de leurs lieux,

Pour un paouvre, n'avant, n'arrière.

XVII.

Au temps que Alexandre regna,
Ung hom, nommé Diomedès,

Devant luy on luy amena,

Engrillonné poulces et detz

Comme ung larron; car il fut des

Escumeurs que voyons courir.

Si fut mys devant le cadès,

Pour estre jugé à mourir.

XVIII.

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