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François Villon - Oeuvres complètes

Conceuz en ventre nuptial,
Bons comme fut sainct Martial.

Ainsi en preigne au bon Dauphin;

Je ne luy souhaicte autre mal,

Et puys paradis à la fin.

X.

Pour ce que foible je me sens,
Trop plus de biens que de santé,

Tant que je suys en mon plain sens,

Si peu que Dieu m'en a presté,

Car d'autre ne l'ay emprunté,

J'ay ce Testament très estable

Faict, de dernière voulenté,

Seul pour tout et irrévocable:

XI.

Escript l'ay l'an soixante et ung,
Que le bon roy me délivra

De la dure prison de Mehun,

Et que vie me recouvra,

Dont suys, tant que mon cueur vivra,

Tenu vers luy me humilier,

Ce que feray jusqu'il mourra:

Bienfaict ne se doibt oublier.

Icy commence Villon à entrer en matière
pleine d'erudition et de bon sçavoir.

XII.

Or est vray qu'après plaingtz et pleurs
et angoisseux gemissemens,

Après tristesses et douleurs, [P. 25]

Labeurs et griefz cheminemens,

Travail mes lubres sentemens,

Esguisez comme une pelote,

M'ouvrist plus que tous les Commens

D'Averroys sur Aristote.

XIII.

Combien qu'au plus fort de mes maulx,
En cheminant sans croix ne pile,

Dieu, qui les Pellerins d'Esmaus

Conforta, ce dit l'Evangile,

Me montra une bonne ville

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