|
François Villon - Oeuvres complètes
Qu'on luy baille legerement Mes brayes, estans aux trumellières, Pour coeffer plus honestement S'amye Jehanneton de Millières.
XV.
Pour ce qu'il est de lieu honeste, Fault qu'il soit myeulx recompensé, Car le Saint-Esprit l'admoneste. Ce obstant qu'il est insensé. Pour ce, je me suis pourpensé, Puysqu'il n'a sens mais qu'une aulmoire, De recouvrer sur Malpensé, Qu'on lui baille, l'Art de mémoire.
XVI.
Item plus, je assigne la vie Du dessusdict maistre Robert... [P. 12] Pour Dieu! n'y ayez point d'envie! Mes parens, vendez mon haubert, Et que l'argent, ou la pluspart, Soit employé, dedans ces Pasques, Pour achepter à ce poupart Une fenestre emprès Saint-Jacques.
XVII.
Derechief, je laisse en pur don Mes gands et ma hucque de soye A mon amy Jacques Cardon; Le gland aussi d'une saulsoye, Et tous les jours une grosse oye Et ung chappon de haulte gresse; Dix muys de vin blanc comme croye, Et deux procès, que trop n'engresse.
XVIII.
Item, je laisse à ce jeune homme, René de Montigny, troys chiens; Aussi à Jehan Raguyer, la somme De cent frans, prins sur tous mes biens; Mais quoy! Je n'y comprens en riens Ce que je pourray acquerir: On ne doit trop prendre des siens, Ne ses amis trop surquerir.
|