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François Villon - Oeuvres complètes

Et alla tout incontinent
Faire grant chère avec le prestre,

Qui luy joua d'un tour de maistre,

Disant: «Ma robbe est deffourrée;

Il vous y convient la main mettre,

Affin qu'elle soit reffourrée.

- Et bien, ce dist le Pelletier, [P. 211]
Monseigneur, j'en suis bien content,

Mais que vous m'en vueillez payer;

Je suis tout vostre, seurement.»

Ils firent leur appoinctement

Qu'il auroit, pour tout inventoire,

Dix solz tournois entièrement,

Et du vin largement pour boire,

Pourvu qu'il la despecheroit,
Car il luy estoit necessaire,

Et que toute nuyt veilleroit,

Avec son clerc, au presbitaire.

Il fut content de cest affaire.

Mais le Curé les enferma

Soubs la clef, sans grant noyse faire,

Puis hors de la maison alla.

Le Curé vint en la maison
Du Pelletier, par ses sornettes,

Et trouva si bonne achoyson

Qu'il fist très bien ses besongnettes.

Ilz firent cent mille chosettes,

Car, ainsi comme il me semble,

Il contenta ses amourettes,

Et puis hors de la maison emble.

Ce fourreur, pour la repeue franche
Fut fait coqu bien fermement;

Et luy chargea la dame blanche

Qu'il y retournast hardiment,

Et que, par son sainct sacrement,

Jamais nul jour ne l'oubliera,

Mais luy fera hébergement, [P. 212]

Toutes les foys qu'il luy plaira.

Et pourtant, donne soy bien garde
Chascun qui aura belle femme

Qu'on ne lui joue telle aubade

Pour la repeue: c'est grant diffame;

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