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François Villon - Oeuvres complètes

De sa bourse dessus la table
Frappa, affin que je le notte,

Et, comme chose convenable,

Chanta ainsi à haulte notte:

«Faut payer ton hoste, ton hoste!»

Tout au long chanta ce couplet.

Le varlet, estant coste à coste,

Respondit: «Cela bien me plaist!»

Toutesfoys, il n'entendoit pas
Qu'il ne fust de l'escot payé,

Parquoy il failloit sur ce pas.

De son sens fut moult desvoyé.

Devant tous fut notiffié

Qu'il estoit gentil compaignon,

Et qu'il avoit, par son traicté,

Bien disné pour une chanson.

C'est bien disné, quand on eschappe
Sans desbourser pas ung denier,

Et dire adieu au tavernier

En torchant son nez à la nappe.

[P. 210]

LA CINQUIESME REPEUE

DU PELLETIER.

Ung jour advint qu'ung Pelletier
Espousa une belle femme

Qui appetoit le bas mestier,

En faisant recorder sa game.

Le Pelletier, sans penser blasme,

Ne s'en soucioit qu'ung petit:

Mieulx aymoit du vin une dragme,

Que coucher dedens ung beau lict.

Ung curé, voyant cest affaire,
De la femme fut amoureux,

Et pensa qu'à son presbytaire

Il maineroit ce maistre gueux.

Il s'en vint à luy tout joyeux,

A celle fin de le tromper,

En disant: «Mon voysin, je veux

Vous donner ennuyt à soupper.»

Le Pelletier en fut content,
Car il ne vouloyt que repaistre,

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