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François Villon - Oeuvres complètes
Où pend l'enseigne du Pestel: A bon logis et bon hostel, Demandant s'on a que repaistre: «Ouy, vrayment, ce dist le maistre; Ne soyez de rien en soucy, Car vous serez très bien servy De pain, de vin et de viande. - Pas grand chose je ne demande, Dist le bon seigneur de Combraye: Il n'y a guère que j'avoye [P. 201] Bien desjuné; mais, toutesfoys, Si ai-je disné maintes foys Que n'avoye pas tel appetit.» Ce seigneur menga ung petit, Car il n'avoit guère d'argent, Commendant qu'on fust diligent D'avoir quelque chose de bon, Pour son soupper: ung gras chapon; Car il pensoit bien que, le soir, Il devoit avec luy souper Des gentilzhommes de la cour. L'hostesse fut bien à son gourt, Car, quand vint à compter l'escot, Le seigneur ne dist oncques mot, Mais tout ce qu'elle demanda Ce gentilhomme luy bailla, Disant: «Vous comptez par raison!» Puis il sortit de la maison, Bouta son sac soubs son esselle, Et vint raconter la nouvelle A ses compaignons, et comment Il failloit faire saigement. Il fut dit, à peu de parolles, Pour eviter grans monopolles, Que le seigneur de Penessac Yroit devant louer l'estat Et blasonner la suffisance De ce seigneur, car, sans doubtance, La chose le valoit très bien, Et, pour trouver meilleur moyen, Il menroit en sa compaignie, Lamesou; et n'y faillit mye. [P. 202] Si vint demander à l'hostesse S'ung seigneur remply de noblesse Estoit logé en la maison. L'hostesse respondit que non,
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