|
François Villon - Oeuvres complètes
Par ce point eurent la repeue Franche chascun des compaignons. La finesse le prebstre a teue, Affin de complaire aux mignons; Mais les seigneurs dont nous parlons Eurent tous, pour ce coup, l'aubade: Chascun d'eulx fut, nous ne faillons, De la grant paour troys jours malade.
LA TROISIEME REPEUE
DES TORCHECULS.
Un Lymousin vint à Paris, Pour aulcun procès qu'il avoit. Quand il partit de son pays Pas gramment d'argent il n'avoit, Et toutefoys il entendoit Son fait, et avoit souvenance Que son cas mal se porteroit S'il n'avoit une repeue franche. Ce Lymousin, c'est chose vraye, Qui n'avoit vaillant ung patac, Se nommoit seigneur de Combraye, Sans qu'on le suivist à son trac. Plus rusé estoit qu'ung vieil rat, [P. 200] Et affamé comme un vieil loup, Avec monsieur de Penessac, Et le seigneur de Lamesou. Les troys seigneurs s'entretrouvèrent; Car ilz estoyent tous d'ung quartier Et Dieu sçait s'ilz se saluèrent, Ainsi qu'il en estoit mestier; Toutesfoys, ce bon escuyer De Combraye, propos final, Fut esleu leur grant conseillier, Et le gouverneur principal. Ils conclurent, pour le meilleur, Que ce bon notable seigneur Yroit veoir s'il pourroit trouver Quelque bon lieu pour s'y loger, Et, selon qu'il le trouverait, Aux aultres le raconteroit. Or advint, environ midy, Qu'il estoit de faim estourdy, S'en vint à une hostellerie, Rue de la Mortellerie,
|