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François Villon - Oeuvres complètes

Et pour ce (comme j'ay dit) que je n'ay touché à son antique façon de parler, je vous ay exposé sur la
marge, avecques les annotations, ce qui m'a semblé le plus dur à entendre, laissant le reste à vos

promptes intelligences, comme ly Roys pour le Roy, homs pour homme, compaing

pour
compaignon; [P. 4] aussi force pluriers pour singuliers, et plusieurs autres incongruitez dont
estait plain le langaige mal lymé d'icelluy temps.

Après, quand il s'est trouvé faulte de vers entiers, j'ay prins peine de les refaire au plus près (selon mon
possible) de l'intention de l'autheur, et les trouverez expressément marquez de cette marque +, afin

que ceulx qui les sçauront en la sorte que Villon les fist effacent les nouveaulx pour faire place aux

vieulx.

Oultre plus, les termes et les vers qui estaient interposez, trouverez reduictz en leurs places; les lignes
trop courtes, allongées; les trop longues acoursies; les mots obmys, remys; les adjoutez ostez, et les tiltres

myeulx attiltrez.

Finalement, j'ay changé l'ordre du livre, et m'a semblé plus raisonnable de le faire commencer par le Petit
Testament, d'autant qu'il fut faict cinq ans avant l'autre.

Touchant le Jargon, je le laisse à corriger et exposer aux successeurs de Villon en l'art de la pinse et du
croq.

Et si quelqu'un d'adventure veult dire que tout ne soit racoustré ainsi qu'il appartient, je luy respons dès
maintenant que, s'il estait autant navré en sa personne comme j'ay trouvé Villon blessé en ses Oeuvres, il

n'y a si expert chirurgien qui le sceust panser sans apparence de cicatrice; et me suffira que le labeur

qu'en ce j'ay employé soit agréable au Roy mon souverain, qui est cause et motif de ceste emprise et de

l'exécution d'icelle, pour l'avoir veu voulentiers escouter et par très bon jugement estimer plusieurs

passages des Oeuvres qui s'ensuyvent.

MAROT [P. 5]

AU ROY FRANÇOIS Ier.

Si à Villon on treuve encor à dire,
S'il n'est reduict ainsi qu'ay prétendu,

A moy tout seul en soit le blasme (Sire),

Qui plus y ay travaillé qu'entendu;

Et s'il est mieux en son ordre estendu

Que paravant, de sorte qu'on l'en prise,

Le gré à vous en doyt estre rendu,

Qui fustes seul cause de l'entreprise.

[P. 7]

LE
PETIT TESTAMENT

DE MAISTRE

FRANÇOIS VILLON

FAIT L'AN 1456.

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