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François Villon - Oeuvres complètes

Tout ainsi que devant est dict.
Quand leur argent fort s'appetiese,

Lors leur est la repeue propice,

Et lors cerchent (plus n'en doubtez),

Hault et bas et de tous costez,

Comme on verra par demomstrances

En ce traicté des Repeues franches.

Et quant au regard de plusieurs

Aultres repeues, sont escriptes

Affin qu'on preigne les meilleurs,

En lisant, grandes ou petites.

Vous orrez maintz moyens licites

Comment ilz ont esté happez,

Hault et bas, par bonnes conduictes

De ceulx qui les ont attrapez.

LA REPEUE
DE VILLON ET DE SES COMPAIGNONS.

«Qui n'a or, ny argent, ny gaige,
Comment peult-il faire grant chère?

Il fault qu il vive d'avantaige:

La façon en est coustumière.

Sçaurions-nous trouver la manière

De tromper quelqu'ung, pour repaistre?

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Qui le fera sera bon maistre!»

Ainsi parloyent les compaignons [P. 187]
Du bon maistre Françoys Villon,

Qui n'avoient vaillant deux ongnons,

Tentes, tapis, ne pavillon.

Il leur dit: «Ne nous soucion,

Car, aujourd'huy, sans nul deffault,

Pain, vin, et viande, à grant foyson,

Aurez, avec du rost tout chault.»

La manière d'avoir du Poisson.

Adoncques il leur demanda
Quelles viandes vouloyent macher:

L'ung de bon poysson souhaita;

L'autre demanda de la chair.

Maistre Françoys, ce bon archer,

Leur dist: «Ne vous en souciez;

Il vous faut voz pourpointz lascher,

Car nous aurons viandes assez.»

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