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François Villon - Oeuvres complètes
Et pensant, à part moy, comment Je cheviroye avec l'hoste, Je m'avisé que, soubz ma cotte, Avois une espée qui bien trenche: Je la lairray, qu'on ne me l'oste, En gaige de la repeue franche.
L'espée estoit toute d'acier, Il ne s'en failloit que le fer; Mais l'hoste la me fist machier, Fourreau et tout, sans fricasser; [P. 185] Puis, après, me convint penser De repaistre, se faim avoye; Rien n'y eust valu le tencer: De leans partis sans monnoye.
L'ACTEUR.
Lendemain, m'aloye enquerant Pour encontrer Martin Gallant. Droit en la Salle du Palays Rencontray, pour mon premier mès, Tout droit soubz la première porte, Plusieurs mignons d'estrange sorte, Que sembloit bien à leur habit Qu'ilz fussent gens de grant acquit. Lors vins pour entrer en la Salle: L'ung y monte, l'aultre devalle. Là me pourmenoye, de par Dieu, Regardant l'estat de ce lieu, Et quand je l'euz bien regardée, Tant plus la voys tant plus m'agrée; Je vis là tant de mirlificques, Tant d'ameçons et tant d'afficques, Pour attraper les plus huppez. Les plus rouges y sont happez; A l'ung convient vendre sa terre; Maint, sans sainctir, là se detterre, Partie ou peu en demourra De tout ce que vaillant aura; Cuydant destruyre son voysin De Poytou, ou de Lymousin, Ou de quelque aultre nation, Maint en est en destruction, Et fault, ains partir de léans, [P. 186] Qu'ilz facent l'arquemye aux dens. On emprunte, qui a credit,
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