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François Villon - Oeuvres complètes

Cy lusse tomber à terre l'espoventail, celluy qui
le tient
.

(A l'espoventail.)

Las! monseigneur! vous estes cheu!...
Jésus! et qui vous a bouté,

Dictes? Ce n'ay-je pas esté,

Vrayement, ou diable ne m'emporte,

Au cas, dictes? Je m'en rapporte

A tous ceulx qui sont cy, beau sire,

Affin que ne vueillez pas dire

Que c'est demain ou pour demain.

Au fort, baillez-moy vostre main,

Je vous ayderay à lever.

Mais ne me vueillez pas grever:

J'ai pitié de vostre fortune.

Cy apperçoyt le Franc Archier, de l'espoventail, que [P. 162]
ce n'est pas ung homme
.

Par le corps bieu! j'en ay pour une!
Il n'a pié ne main; il ne hobe;

Par le corps bieu! c'est une robe

Plaine, de quoy? charbieu! de paille!

Qu'esse-cy? morbieu! on se raille,

Ce cuiday-je, des gens de guerre...

Que la fièvre quartaine serre

Celluy qui vous a mis icy!

Je le feray le plus marry,

Par la vertu bieu! qu'il fut oncques.

Se mocque on de moy quelconques?

Et ce n'est, j'advoue sainct Pierre!

Qu'espoventail de chenevière,

Que le vent a cy abatu!...

La mort bieu! vous serez batu,

Tout au travers, de ceste espée...

Quand la robbe seroit couppée,

Ce seroit ung très grand dommaige.

Je vous emporteray pour gaige,

Toutesfoys, après tout hutin.

Au fort, ce sera mon butin,

Que je rapporte de la guerre.

On s'est bien raillé de toi, Pierre,

La charbieu saincte et beniste!

Vous eussiez eu l'assault bien viste,

Se j'eusse sceu vostre prouesse:

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