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François Villon - Oeuvres complètes
Accoururent pour veoir l'histoire; La Rochefouquault, l'Amiral, Aussi Beuil et son attirail, Pontièvre, tous les capitaines, Y deschaussèrent leurs mitaines De fer, de paour de m'affoler, Et si me vindrent acoler A terre, où j'estoye meshaigné, De paour de dire: «Il n'a daigné!» Combien que je fusse malade, Je mis la main à la salade, Car el m'estouffoit le visaige. «Ha! dist le Marquis, ton oultraige Te fera une foys mourir!» Car il m'avoit bien veu courir, Oultre l'ost, devant le chasteau. Hélas! j'y perdy mon manteau, Car je cuidoye d'une poterne Que ce fust l'huys d'une taverne. Et moy tantost de pietonner, Car, quand on oyt clarons sonner, Il n'est courage qui ne croisse. Tout aussitost: «Où esse? Où esse? Et, à brief parler, je m'y fourre, Ne plus ne moins qu'en une bourre. Si ce n'eust esté la brairie Du costé devers la prairie, [P. 153] De nos gens, qui crioient trestous, Disant: «Pierre, que faictes-vous? N'assaillez pas la basse court Tout seul!» je l'eusse prins tout court, Certes; mais c'eust esté outraige. Et se ce n'eust esté ung paige Qui nous vint trencher le chemin, Mon frère d'armes Güillemin Et moy, Dieu lui pardoint, pourtant! Car, quoy? il nous en pend autant A l'oeil, eussions, sans nulle faille, Frappé au travers la bataille Des Bretons; mais nous apaisames Nos couraiges et recullames... Que dy-je? non pas reculer, Chose dont on ne doibt parler... Ung rien, jusque au Lyon d'Angiers. Je ne craignoye que les dangiers, Moy; je n avoye paour d'aultre chose.
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