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François Villon - Oeuvres complètes
Ne manger fors quant on a faim, N'emprise que d'homme hardy, Ne povreté que maladie, Ne hanter que les bons et preux, Ne maison que la bien garnie, Ne chère que d'homme joyeulx;
Ne richesse que d'estre sain, N'en amours tel bien que mercy, Ne de la mort rien plus certain, Ne meilleur chastoy que de luy; Ne tel trésor que preudhommye, ***************************** Ne paistre qu'en grant seigneurie, Ne chère que d'homme joyeulx;
ENVOI. [P. 143]
Que voulez-vous que je vous die? Il n'est parler que gracieulx, Ne louer gens qu'après leur vie, Ne chère que d'homme joyeulx
XVII. BALLADE MORALE.
D'une dague forte et aigüe Soit-il frappé parmy l'eschine, Et ait tousjours une sansue Attachée à sa poitrine, Et attainct d'une coulevrine Entre le nez et le menton, Ou qu'en prison vive en famine, Qui autruy blasme sans raison.
Son giste soit emmy la rue, Tout nud quand il fera bruyne, Sur pel de heriçon pointue, Couvert d'une chère estamine; De vent de bise sa courtine, Et soit mors d'ung escorpion, Ou qu'en prison vive en foraine, Qui autruy blasme sans raison.
Sa chair soit detrenchée menue Plus qu'au moulin n'est la farine, Ou de gros nerfz soit bien batue, Ou couche nud sur tas d'espine: Et affin que plus tost il fine,
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