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François Villon - Oeuvres complètes
Au temps advenir je vouldroye Voulentiers bon chemin tenir Pour acquerir honneur et joye Une fois avant que mourir.
Sans plus loin exemple querir, Par moy mesme juger pourroye Que meschief nul ne peult fouyr, S'ainsi est qu'advenir luy doye. C'est jeunesse qui tout desvoye; Nul ne s'en doit trop esbahyr. Si juste n'est qui ne fourvoye Une fois avant que mourir.
Prince, s'aucun povoir avoye Sur ceulx qui me font cy tenir, Voulentiers vengeance en prendroye Une fois avant que mourir.
XV. RONDEL.
Comme moy vous aurez voz gages. J'en fuz bien payé au partir: Plain de dueil jusques au partir, Ne sont-ce plaisans advantages?
Servez amours entre vous sages: Il vous en fera repentir; Comme moy vous aurez vos gages.
Repeuz serez de doulx langaiges [P. 142] Pour vous garder de departir. Quant est à moy, j'en suys martir. Bien tard congnoistrez telz ouvrages; Comme moy vous aurez vos gages.
XVI. BALLADE.
Il n'est danger que de vilain, N'orgueil que de povre enrichy, Ne si seur chemin que le plain, Ne secours que de vray amy, Ne desespoir que jalousie, N'angoisse que cueur convoiteux, Ne puissance où il n'ait envie, Ne chere que d'homme joyeulx;
Ne servir qu'au roy souverain, Ne lait nom que d'homme ahonty,
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