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François Villon - Oeuvres complètes

J'iray mourir, ainsi qu'ung homme infame.
Tout hors de sens et si desespéré

Qu'après ma mort il en sera parlé

Plus loin dix fois que d'icy en Savoye,

Et lors diray pour plus estre blasmé:

Je hez ma dame que tant aymer souloye

Se je le dy, je jure sur mon ame
Que ce sera contre ma voulenté.

Je prye à Dieu qu'il n'y puist avoir ame

A celle fin qu'il ne soit raporté.

Car jasoit ce qu'elle m'ait courroucé

Tant qu'on peut plus, cent mille fois mourroye

Avant que j'eusse ne dit ne proferé:

Je hez ma dame que tant aymer souloye.

X. RONDEL.

Quelque chose qu'Amours ordonne,
Force m'est que vous habandonne

Pour pourchasser ailleurs mon bien;

Car, sur ma foy, je congnois bien

Que vous m'estes pire que bonne.

Trop a de cueur qui vous en donne:
Pour ce jà Dieu ne me pardonne

Se vous avez jamais le mien, [P. 139]

Quelque chose qu'Amours ordonne.

Si n'aymeray je jà personne
Que vous, quoy que l'on me sermonne,

En tout ce monde terrien;

Mais maintenant je n'en fais rien,

Et sers selon qu'on me guerdonne.

Quelque chose qu'Amours ordonne,

Force m'est que vous habandonne.

XI. RONDEL.

Hahay! estes vous rencherie,
Dieux y ait part, puis devant hier?

Ma dame, c'est pour enrager!

Le faictes-vous par mocquerie?

Mais venez çà, je vous en prie:
Est le cuir devenu si cher?

Hahay! estes vous rencherie?

Et dea! et ne sçavez-vous mie

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