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François Villon - Oeuvres complètes

Pour entretenir mes amours
Colorer me fault maints fins tours.

VII. RONDEL.

Tu te brusles à la chandelle!
Helas! mon cueur, ne vois tu pas

Que danger est tousjours au pas,

Qui fait à tous guerre mortelle?

Soyes seur que tu l'auras belle [P. 137]
Se tu n'y vas bien par compas;

Tu te brusles à la chandelle.

Sont-ce chastaignes qu'on y pelle,
A ton advis, pour ton repas?

Nennil. Retrais toy tout le pas,

Ains qu'on te frape au cul la pelle.

Tu te brusles à la chandelle.

VIII. RONDEL.

Adieu vous dy la lerme à l'oeil;
Adieu, ma très gente mignonne,

Adieu, sur toutes la plus bonne,

Adieu vous dy, qui m'est grand dueil.

Adieu, adieu, m'amour, mon vueil;
Mon povre cueur vous laisse et donne.

Adieu vous dy la lerme à l'oeil.

Adieu, par qui du mal recueil
Mille fois plus que mot ne sonne;

Adieu, du monde la personne

Dont plus me loue et plus me dueil.

Adieu vous dy la lerme à l'oeil.

IX. BALLADE.

Las! je me plains d'amours et de ma dame,
Et de mes yeulx dont j'ay veu sa beaulté;

Et oultre plus, je me plains d'une femme

Qui contre moy a le conseil donné

Dont j'ay déjà tant de mal enduré [P. 138]

Qu'il me fauldra, par deffaulte de joye,

Aller criant, comme tout forcené:

Je hez ma dame que tant aymer souloye.

Car se pitié son très doulx cueur n'entame
A me donner ce que j'ay desiré,

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