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François Villon - Oeuvres complètes
Se mieulx ne vient d'amours, peu me contente.
Quant je luy dy de mon vouloir l'entente, Et cueur et corps et biens je luy presente, Pour tout cela remède je n'y voy. Deliberé suis, sçavez-vous de quoy? De luy quicter et le jeu et l'actente. Se mieulx ne vient d'amours, peu me contente.
V. RONDEL.
De mon faict je ne sçay que dire; Par tout où je vois je m'adire, Et des yeulx voy moins que du coute. En danger suis qu'il ne me couste La vie, tant suis remply d'ire.
De mon faict je ne sçay que dire, Car ma dame si ne tient compte De mon martyre, quant luy compte, Mais me dit que trop aise suis, Et qu'en ce royaulme n'a conte Qui ait de nulle meilleur compte Que j'ay d'elle, quant je la suis,
Nullement, de paour de mesdire, [P. 136] Jamais je ne l'ose desdire; A son gré parler je l'ecoute, Puis emprès elle je m'accoute, Sans luy vouloir riens contredire. De mon faict je ne sçay que dire.
VI. RONDEL.
Pour entretenir mes amours Colorer me fault maints fins tours; Car ma bourse est très mal garnie Pour fourrer le poignet tousjours.
Ung jour demande haults atours, Et l'autre ung grant bort de velours, Et je respons: «Or bien, m'amye,» Pour entretenir mes amours.
Veez-vous ce donneur de bonjours? Il a faict en el tant de cours, Practiqué l'art de baverie, Qu'il scet moult bien, sans ce qu'il rie, Dire sa pensée à rebours.
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