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François Villon - Oeuvres complètes

A bien juger mon propre affaire
Et piteux cas, sans riens en taire,

Plus qu'autre croire me debvez, [P. 134]

Se par adventure n'avez

Information de contraire.

Celle ou celluy qui m'a brassé
Ce maulvais los et pourchassé

Me het et ne vous ayme pas;

Mais il quiert que soye chacié

De vostre amour et effacié.

Je congnois bien telz advocas.

Se vous avez voulu refaire
Leur voulenté pour me deffaire,

Vous faictes mal et me grevez.

Considerez que vous sçavez

Qu'onc vers vous ne voulus meffaire

A bien juger.

III. RONDEL.

Une fois me dictes ouy,
En foy de noble et gentil femme;

Je vous certifie, ma Dame,

Qu'oncques ne fuz tant resjouy.

Veuillez le donc dire selon
Que vous estes benigne et doulche,

Car ce doulx mot n'est pas si long

Qu'il vous face mal en la bouche.

Soyez seure, si j'en jouy,
Que ma lealle et craintive ame

Gardera trop mieulx que nul ame

Vostre honneur. Avez-vous ouy?

Une fois me dictes ouy.

IV. RONDEL. [P. 135]

Se mieulx ne vient d'amours, peu me contente;
Une j'en sers qui est bien suffisante

Pour contenter un grant duc ou un roy.

Je l'ayme bien, mais non pas elle moy;

Il n'est besoing que de ce je me vante.

Combien qu'elle est de taille belle et gente,
De m'en louer pour ceste heure presente

Pardonnez-moy, car je n'y voy de quoy;

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