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François Villon - Le Lais

XXXVIII
XXXIX

XL

I


L'an quatre cens cinquante six,

Je, Françoy Villon, escollier,

Considerant, de sens rassis,

Le frain aux dens, franc au collier,

Qu'on doit ses euvres conseillier,

Comme Vegece le racompte,

Sage Rommain, grant conseillier,

Ou autrement on se mescompte...

II


En ce temps que j'ay dit devant,

Sur Noël, morte saison,

Que les loups se vivent du vent

Et qu'on se tient en sa maison,

pour le frimas, pres du tyson,

Me vint ung vouloir de briser

La tres amoureuse prison

Qui faisoit mon cueur debriser.

III


Je le feiz en telle façon,

Voyant celle devant mes yeult

Consentant a ma deffaçon,

Sans ce que ja luy en fust mieulx ;

Dont je me dueil et plains aux cieulx,

En requerant d'elle vengance

A tous les dieux venerïeux,

Et du grief d'amours allegence.

IV


Et se j'ay prins en ma faveur

Ces doulx regars et beaux semblans

De tres decevante saveur

Me tresparsans jusques aux flans,

Bien ils ont vers moy les piés blancs

Et me faillent au grant besoing :

Planter me fault aultres complans

Et frapper en ung aultre coing.

V


Le regard de celle m'apris

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